Charge mentale : quand le corps parle, comment s'en alléger ?

En bref

La charge mentale, c'est le poids émotionnel qui résulte de l'action de penser à tout, d'anticiper, d'organiser, de prendre soin et d'être garant de la bonne marche de la famille, du couple et de l'activité professionnelle : être à la fois ici et là, et porter la responsabilité des deux. Longtemps assumée par les femmes, elle touche aujourd'hui aussi les hommes, au foyer comme au travail ; pour s'en alléger, Anne Surcouf propose de partir du corps et de ses besoins naturels, puis de retrouver ses priorités et de rendre à chacun sa part : des pistes concrètes, du sommeil à la prise de recul.

Qu'est-ce que la charge mentale ?

La charge mentale est un effort de gestion, d'organisation et de planification, à la fois incontournable, constant et intangible. Son objectif : satisfaire conjointement les besoins de chacun et la bonne marche de la famille, du couple et du travail.

Pour Anne Surcouf, l'ère moderne ajoute aux rôles types attribués la notion de business, de performance, de réussite matérielle et sociale, attribuée à une image factice du bonheur. Cela modifie le rapport au temps et disperse sur plusieurs plans, le passé et le futur, au lieu du présent qui permet l'ancrage. Ainsi l'humain a appris à adapter sa journée en périodes de faire tout le temps, au lieu d'apprendre à être et à sentir.

D'où vient la notion de charge mentale ?

En 1984, la sociologue Monique Haicault la décrit comme le fait de devoir penser en même temps à des choses qui appartiennent à des mondes séparés : le privé et le professionnel. Pour Anne, on ne peut oublier ses enfants pendant huit heures, et si l'école ou la garderie appelle, c'est encore la mère que l'on joint en premier.

Étudiée dans les milieux académiques depuis les années 1980 sous différents noms, la notion est popularisée en France en 2017, notamment par la BD « Fallait demander » d'Emma.

Longtemps, on l'a confondue avec le travail domestique, qui arrive avec le premier enfant. On la considère aujourd'hui comme une dimension distincte : anticiper les besoins, identifier les options, décider, suivre. Ce travail est sans fin parce qu'il est lié à la vie des êtres chers, et qu'il concerne non seulement les personnes mais la structure familiale et sociale : les enfants, mais aussi les personnes à charge, les personnes âgées, les dépendants.

Pourquoi a-t-elle longtemps pesé sur les femmes ?

Parce que, pendant des siècles, une société patriarcale a distribué des rôles types. À la femme, le foyer : mère, ménagère, compagne, sans autonomie ni temps pour sentir. À l'homme, chef de famille, le salaire, la performance, le nom à porter. Deux charges associées, sans communication. Sans salaire : la femme travaille gratuitement.

Les femmes acquièrent des droits et s'émancipent : l'éducation, le marché du travail, leurs passions. Aujourd'hui encore, il reste des discriminations à l'embauche, des comportements sexistes, des carrières freinées. Le revenu salarial des femmes reste inférieur de 21,8 % à celui des hommes (INSEE, données 2024, secteur privé). En 2010, elles consacrent 3 h 52 par jour aux tâches domestiques ; les hommes, 2 h 24 (INSEE, enquête Emploi du temps 2010).

Anne y voit la persistance des stéréotypes de genre à la maison. Elle l'explique en partie parce que les femmes ont du mal à aller à l'encontre des principes et prescriptions sociales établis : pour Anne, une femme a du mal à gagner plus que son mari sans risquer de mettre son couple en danger. D'où l'intérêt de changer l'éducation, d'obtenir des principes mixtes et de renverser les stéréotypes, ce que l'on voit dans l'application du congé de paternité.

Qui porte la charge mentale aujourd'hui ?

Les femmes, et les hommes aussi : pour la société, « un père défaillant, ça n'existe pas ». De nos jours, la charge mentale ne se limite ni à l'individu ni au sexe : elle se manifeste quel que soit le genre ou la fonction, dans la sphère privée comme dans la sphère professionnelle.

Ainsi, dans une famille monoparentale, celui qui gère porte tout. Et la charge dépasse le foyer : au travail, délais serrés, objectifs exigeants, responsabilités complexes, décisions. D'où la surcharge, chez les hommes comme chez les femmes.

Et les enfants. Leurs emplois du temps sont démesurés : activités intellectuelles et physiques cumulées, sans temps de repos, sans temps de rêver, d'assimiler, de prendre du recul sur ce qu'ils font. Avec les séparations, ils cumulent deux vies en une, deux maisons, le grand écart de la famille : non seulement des tâches à faire, mais des vies à vivre.

Pourquoi est-ce si lourd d'être à plusieurs endroits à la fois ?

Parce que c'est le cœur du problème : être à la fois ici et là, et porter la responsabilité des deux, avec l'impossibilité physique de se dédoubler. On perd le plaisir et la sensation de mettre les choses en place ; on gomme des actions, on en perd la saveur, on en perd le sens.

On devient l'exécutant de son emploi du temps : on court pour remplir les tâches fixées dans la journée et, comme c'est physiquement impossible, on coupe, on élague. Il reste quelque chose d'insipide.

C'est la question du temps. Pour apprécier les choses, il faut prendre le temps de réfléchir, d'assimiler, de comprendre : alors ça prend du sens, et l'on n'exécute plus, on accomplit. Enfiler une succession de tâches pose la question de la nécessité réelle de chaque tâche : ce qui était vrai hier ne le sera pas forcément demain. Le rapport au temps est illusoire.

Hiérarchiser demande de prendre le temps de la conscience et du sens ; exécuter sans réfléchir ne marche pas. Prioriser ses objectifs, hiérarchiser ses tâches : on retrouve la saveur, et la charge mentale diminue. En gommant les intermédiaires et en cessant de cumuler, on arrive directement à l'essentiel : ce qui compte.

Que fait la charge mentale au corps ?

Le corps parle avant vous. Sans rupture avec ce rythme effréné, il finit par se faire entendre. Anne le constate sous deux formes. Parfois brutalement : on se blesse, on doit tout arrêter. Parfois par un ralentissement : on est plus lent. Le corps exprime sans tricher.

Chargé et sans recul, on ressent tout au triple et l'on réagit de façon excessive. Ces signes ne disent pas ce que vous avez : pour tout symptôme, le premier rendez-vous est chez votre médecin. Si vous hésitez entre un coach et un psychologue, la page coach de vie ou psychologue pose la frontière.

Par où commencer pour s'en alléger ?

D'abord retrouver le bien-être de son corps et répondre à ses besoins naturels. C'est la méthode d'Anne : se rebrancher au corps. Avant de pouvoir penser, il faut avoir récupéré, dormi, être capable d'aligner deux idées. On récupère d'abord par le sommeil, puis on retrouve l'appétit.

Le sommeil est une grosse demande en séance. Pour Anne, c'est un phénomène de société : on vit la nuit, on dort le jour. En France, le temps passé à dormir la nuit a diminué de 18 minutes en 25 ans, et de 50 minutes chez les adolescents (INSEE, enquête Emploi du temps, 1986-2010).

Calculez votre vrai temps de sommeil. Pendant les vacances, isolez-vous, endormez-vous et réveillez-vous naturellement, sur plusieurs périodes : vous trouverez votre propre besoin.

Selon Anne, « pendant le sommeil, le cerveau et le corps remettent à jour les données nécessaires au bon fonctionnement de vie ». Une nuit trop courte ou trop pauvre, et le lendemain on encaisse moins bien ses émotions et le stress : on est fatigué, moins efficace au travail, en famille.

Fermez les écrans une heure avant de dormir et dormez dans le noir, le plus possible : il faut du temps pour que le cerveau redescende de la stimulation des écrans de la journée. Couchez-vous à heure régulière : le corps se programme. Aérez la pièce. Accordez-vous un temps de détente dans le lit. Une odeur peut vous conditionner à vous détendre. Le scanner : imaginez une lumière qui monte des pieds à la tête pour vous relâcher. Le lit sert à dormir et à faire l'amour.

Comment retrouver l'appétit et s'ancrer dans le présent ?

Retrouver l'appétit, manger de bonnes choses, se donner des temps de plaisir : pour Anne, « ce n'est pas avaler et consommer, c'est goûter ». Manger équilibré, frais et peu transformé, des protéines et des légumes. Anne le dit ainsi : la nourriture physique et la nourriture émotionnelle, les deux comptent.

Le plaisir de bouger, aussi : n'importe quel sport, le yoga, la course, le vélo, la piscine, ou simplement marcher et respirer. Bouger fait du bien.

Troisième point, très important pour Anne : s'ancrer dans le présent. Au quotidien, je me concentre sur ce que je fais, je ne pense pas à autre chose. Je dépense moins d'énergie, je n'accrois pas ma charge mentale. Écrivez la liste, dans un carnet ou sur votre téléphone, pour la lâcher sans peur d'oublier. Tenir un journal aide aussi.

Enfin, de vraies pauses, pas cinq minutes : se reposer, ne rien faire, ou ce qui détend et fait plaisir, chanter, travailler le bois… Et du lien : ce qui vous plaît, vous rassure, vous fait rire, vous apporte de la joie.

Comment accepter de ne pas être perfectionniste ?

En apprenant à poser ses limites. Je fais la liste de mes besoins : dormir, aller chercher les enfants… Puis je décide qui s'en charge, moi ou mon conjoint. J'accepte de répartir, de déléguer, d'alléger. On voit alors ce qui est réellement important, et l'on abandonne le reste.

Reviennent alors le sens de sa vie et ses priorités : ce qui compte et respecte ses valeurs, pas ce qu'attend le regard des autres. On rend à chacun sa part : on répartit avec son compagnon ou sa compagne, sans prendre l'autre en charge ni l'infantiliser, et l'inverse vaut aussi.

On hiérarchise : ce que je dois faire, ce que je veux faire, ce que je fais pour le regard des autres. Puis on reporte, on délègue, on arrête. On renonce à être expert en tout et parfait partout : c'est intenable.

Je ne suis pas un robot. Ne pas être perfectionniste, c'est accepter d'être soi-même : s'écouter vraiment, ne pas faire pour plaire aux autres. On devient plus souple, en adéquation avec soi.

Relativiser, ensuite. Anne le résume ainsi : « Relativiser, prendre le recul, nous permet de nous décharger d'un surpoids émotionnel. » Anne le dit d'elle-même : « Être maquillée, coiffée, la permanente… maintenant, j'en ai rien à fiche. »

Et si la charge persiste ?

Si malgré le calme, la relaxation, la bonne nourriture, le sommeil, la charge continue, il faut remettre en question ses choix de vie. C'est un bilan de vie : ce que je garde, ce que je laisse, ce que j'ai encore envie d'être, en couple, grande sportive, joueur d'échecs…

On cherche la cohérence entre ce que je dis, fais, suis et pense, rassemblés en un centre : moi. Pour Anne, plus on est en accord avec soi, moins la fatigue et la lassitude pèsent. Si elles s'installent, parlez-en d'abord à votre médecin : ce travail s'ajoute à son suivi, il ne le remplace pas.

Prendre rendez-vous

La première séance coûte 75 € et dure de 1h à 1h30 ; la séance de suivi coûte 85 € pour 2h, écoute d'Anne entre les séances comprise, sans abonnement ni engagement — le détail figure sur la page tarifs. Les créneaux sont ouverts de 10h à 21h du lundi au vendredi et de 11h à 19h le samedi, au cabinet du 20 rue des Écoles, près de la Sorbonne et du Jardin des Plantes, ou en visioconférence : la réservation se fait sur la page prendre rendez-vous.

Anne Surcouf exerce comme coach de vie à Paris 5e depuis 2025, avec 35 avis Google, note 5/5.

Questions fréquentes

Qu'est-ce que la charge mentale, en une phrase ?
C'est le poids émotionnel qui résulte de l'action de penser à tout, d'anticiper, d'organiser, de prendre soin et d'être garant de la bonne marche de la famille, du couple et de l'activité professionnelle. Pour Anne Surcouf, l'humain a appris à faire tout le temps, au lieu d'apprendre à être et à sentir.
La charge mentale au travail, est-ce la même chose ?
Elle fonctionne de la même façon : anticiper, tenir le fil, porter la responsabilité de ce qui doit être fait. Au travail comme à la maison, on regarde ce que vous pouvez hiérarchiser, reporter, déléguer, ou cesser de porter.
Le coaching remplace-t-il un avis médical ?
Non. Un signe qui dure ou qui s'aggrave relève d'un médecin, et Anne Surcouf le dit sans détour. L'accompagnement porte sur les habitudes de vie et vient en complément d'un suivi, jamais à sa place ni contre lui.
Par quoi commencer ce soir, sans attendre un rendez-vous ?
Par un seul geste, tenu. Écrire sa liste pour la lâcher sans peur d'oublier, ou fermer les écrans une heure avant de dormir. Un geste tenu plusieurs jours vaut mieux que quatre commencés le même soir et abandonnés.
Les séances se font-elles à distance ?
Oui, au choix : au cabinet du 20 rue des Écoles, Paris 5e, ou en visioconférence. Les horaires vont de 10h à 21h du lundi au vendredi et de 11h à 19h le samedi ; le cabinet est fermé le dimanche.

Envie d’avancer ?

Faisons connaissance ensemble. Un premier pas vers l’équilibre.

Prendre rendez-vous

Ou par téléphone au 06 85 77 60 05